Rivaroxaban : hépatotoxique ?
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Important

Avancement
Recherche clinique

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Emile-alexandre PARIENTE

Enthousiasme

À la une 14/05/2014

Rivaroxaban : hépatotoxique ?

Le rivaroxaban (Xarelto®) est un anticoagulant direct (anti-Xa) qui a une autorisation de mise sur le marché (depuis mai 2009) dans la prévention des embolies en cas fibrillation auriculaire, des accidents thromboemboliques veineux en chirurgie orthopédique programmée, et le traitement des thrombophlébites profondes et des embolies pulmonaires. Un centre régional suisse de pharmacovigilance rapporte 14 cas d’hépatites survenues 5-62 jours (le plus souvent une quinzaine de jours) après la mise sous rivaroxaban, révélées le plus souvent par un ictère (11 cas), une anorexie, des nausées et parfois un prutit. L’augmentation des ALAT allait de 2,5 à 54 fois la limite supérieure de la normale, celle des phosphatases alcalines de 1,5 à 7,8 fois la normale, la bilirubine de normale à 22 fois la normale ; tous les malades guérirent sauf un qui mourut après un ileus postopératoire (prothèse de hanche), sans insuffisance hépatique sévère. Deux malades eurent une biopsie hépatique montrant un infiltrat inflammatoire portal comportant des éosinophiles et une cholestase. La responsabilité du médicament fut considérée comme très probable dans 4 cas, probable dans 7 et possible dans 3.

Commentaires
 

Des augmentations de transaminases ont été rapportées chez 2,3% des malades sous rivaroxaban (et 3,6% de ceux sous enoxaparine) dans 4 essais de phase III de prophylaxie post-opératoire de la thrombose veineuse ; les auteurs font état d’environ 600 signalements dans des banques de données étasunienne et européenne, non détaillés, et sans exclure des doublons dans les déclarations. On ne peut donc actuellement avoir de certitude quant à l’hépatotoxicité du rivaroxaban. Il est cependant raisonnable, en cas d’asthénie, de nausées ou a fortiori d’ictère survenant chez un malade récemment mis sous rivaroxaban de doser transaminases, bilirubine, phosphatases alcalines et, en cas d’anomalies biologiques, d’arrêter le médicament en même temps qu’on recherche d’autres causes potentielles (obstacle biliaire, foie cardiaque, hépatites virales, autres médicaments ou hépatotoxiques potentiels notamment dans ce contexte)...et déclarer à la pharmacovigilance si on ne trouve pas d'autre explication. 

 
Références
 
Titre :

Rivaroxaban : hépatotoxique ?

Titre original :

Rivaroxaban postmarketing rosk of liver injury

Auteurs :

Russmann S, Niedrig DF, Budmiger M, Schmidt C, Stieger B, Hürlimann S, Kullack-Ublick GA.

Source(s) :

Article

Revue :

Journal of Hepatology

Références biblio. :

J Hepatol 2014. doi: 10.1016/j.jhep.2014.03.026.

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