Surveillance de l’hépatite E en France entre 2002 et 2016 : une augmentation exponentielle du nombre de cas et de personnes hospitalisées
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Important

Avancement
Validé

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Professeur Jean-Marie PERON

Enthousiasme

À la une 27/11/2018

Surveillance de l’hépatite E en France entre 2002 et 2016 : une augmentation exponentielle du nombre de cas et de personnes hospitalisées

Cet article décrit les sources de données et les résultats épidémiologiques sur l’infection à VHE au cours de la période 2002-2016 en France métropolitaine. 

Le diagnostic d’hépatite E repose sur la recherche d’anticorps spécifiques IgM et IgG et /ou sur la détection du génome viral dans le sang ou les selles. Une infection aiguë est définie par la présence d’IgM anti-VHE dans le sang ou par la présence du virus dans le sang ou les selles.

Les auteurs constatent une augmentation exponentielle (209 vs 76 000) de personnes testées pour le diagnostic d’hépatite E, et du nombre de cas diagnostiqués concernant principalement les cas autochtones (9 vs 2292). Le nombre de cas importés est resté stable (10 en 2016). Depuis 2007, plus de 90 % des souches autochtones étaient de génotype 3 (6 génotypes 4 et 446 génotypes 3 en 2016). Le nombre de personnes hospitalisées pour hépatite E est passé de 57 à 653.

Les cas hospitalisés étaient plutôt des hommes (69%) et l’âge moyen était de 55 ans. Le taux d’incidence annuelle est plus élevé dans les régions du sud. Les nombres de cas groupés étaient généralement de petites tailles (< 10 cas). Les sources de contamination suspectées lors d’épisodes de cas groupés ont été le plus souvent la consommation de saucisses de foie de porc.

Commentaires
 

A partir de 2010, la disponibilité de tests diagnostiques et une meilleure connaissance de l’hépatite E ont entrainé une augmentation considérable du nombre de personnes testées d’où une incidence croissante de cas diagnostiqués. Mais l’augmentation  du nombre de cas diagnostiqués sur les dernières années ne peut pas être attribuée uniquement à la mise en place de ces mesures et reflète vraisemblablement une augmentation réelle du nombre de cas. Par ailleurs le nombre de cas autochtones recensés par le CNR reste très largement sous-estimé, si l’on se base sur les résultats d’étude de séroprévalence chez les donneurs de sang (22,4% en France métropolitaine). Les infections asymptomatiques à VHE qui sont pourtant très largement majoritaires ne sont pas recensées.

En conclusion : l’infection par le VHE est maintenant la première cause d’hépatite aiguë virale en France. Elle doit donc être recherchée en première intention en cas d’hépatite aiguë.

Références
 
Titre :

Surveillance de l’hépatite E en France entre 2002 et 2016 : une augmentation exponentielle du nombre de cas et de personnes hospitalisées

Titre original :

Surveillance de l’hépatite E en France, 2002-2016

Auteurs :

Elisabeth Couturier, Florence Abravanel, Julie Figoni, Dieter Van Cauteren, Alexandra Septfons, Sébastien Lhomme, Julien Durand, Jacques Izopet, Henriette De Valk

Source(s) :

Article

Revue :

Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire

Références biblio. :

Bull Epidemiol Hebd. 2018;(28):566-74

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