Survie à long terme après excision locale ou chirurgie radicale pour mélanome anal : données à partir d’une banque de données en population
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Philippe GODEBERGE

Enthousiasme

À la une 13/01/2011

Survie à long terme après excision locale ou chirurgie radicale pour mélanome anal : données à partir d’une banque de données en population

L’étude porte sur les informations colligées prospectivement dans une base de donnée américaine, entre les années 1982 et 2002.

Son objectif était de comparer la survie des mélanomes anaux, selon la technique thérapeutique : excision locale (LR) ou résection rectale (APR). Ces données épidémiologiques comportaient des données sur la tumeur, la technique thérapeutique et le profil du patient ; mais elles ne comportaient pas d’information sur les morbidités, les choix thérapeutiques ni les traitements complémentaires.
 
Sur les 183 patients répertoriés, 23 ont été exclus pour des lésions métastatiques d’emblée (ce qui est peu). Sur les 160 dossiers restants 50 étaient exclus car la procédure opératoire n’était pas renseignée.
 
Les patients traités pour maladie localisée étaient traités par APR (13 sur 63) ou par LR (50 sur 63). La survie à 7 ans était de 43.3 vs 43.1 et à 5 ans 27 vs 43.1 ; la différence n’était pas significative y compris après ajustement pour l’âge et la durée du suivi.
 
Les patients traités pour maladie régionale subissaient une excision locale (10 sur 46) ou une APR (13 sur 46), sans effet là encore sur la survie (25.9 vs 28) (0 vs 12.5) respectivement à 3 et 5 ans. Globalement, indépendamment du stade la survie était la même pour les deux procédures.
Commentaires
 

Le mélanome anal est une maladie rare. La décision thérapeutique ne peut se baser sur des études randomisées de fort niveau de preuve ; c’est pourquoi les décisions thérapeutiques sont difficile à prendre quand on est confronté à un cas car il est habituellement isolé ; la revue de la littérature ne trouve que des études rétrospectives uni centriques avec un nombre limité de cas. L’intérêt de la présente étude est de se baser sur une banque de données qui se rapproche plus de la population générale, et du nombre important de patients. Les défauts inhérents à ce genre d’études néanmoins n’ont pas disparu ; les auteurs ont tenté d’en diminuer l’impact. Le biais le plus évident est que le traitement local n’est proposé qu’aux patients qui ont une maladie localisée. Notamment parce que l’extension régionale de la maladie est un facteur pronostic important retrouvé aussi par les auteurs. En étudiant plus spécifiquement les dossiers de patients ayant eu une résection rectale avec une évaluation histologique correcte, les résultats en terme de survie sont superposables à ceux traités par résection locale. Il n’y a pas eu a priori de sous estimation systématique du stade d’extension de la maladie. Malgré les défauts méthodologiques, la rareté des données de cette ampleur dans une maladie rare mais grave, méritait qu’on signale cette étude. Elle plaide clairement pour un traitement qui soit le moins agressif possible en première intention dans la mesure où amputation et résection locale ont une survie identique.

Références
 
Titre :

Survie à long terme après excision locale ou chirurgie radicale pour mélanome anal : données à partir d’une banque de données en population

URL : Long-term outcomes after local excision and radical surgery for anal melanoma: data from a population database
Auteurs :

Kiran R-P, Rottoli M, Pokala N, Fazio V-W

Source(s) :

Article

Revue :

Diseases of the Colon & Rectum

Références biblio. :

Dis Colon Rectum. 2010 Apr;53(4):402-8

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