Thiopurines pendant la grossesse : des données rassurantes de la cohorte CESAME
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Moyen

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Confirmation

Rédacteur
Professeur Guillaume CADIOT

Enthousiasme

À la une 27/01/2011

Thiopurines pendant la grossesse : des données rassurantes de la cohorte CESAME

Les thiopurines (azathioprine, 6-mercaptopurine) sont largement utilisées dans le traitement des maladies inflammatoires de l’intestin (MICI) ; 30,1% des 19 486 sujets de la cohorte CESAME en recevaient et 14,4% en avaient reçu. Le peu de données sur la sécurité d’utilisation de ces molécules durant la grossesse sont plutôt rassurantes. A contrario, on sait qu'en cas d'arrêt des thiopurines, il existe un risque de rechute et de complications pour la mère et l'enfant. Ce travail réalisé à partir des cas de grossesses déclarés dans une sous-étude de la cohorte CESAME avait pour objectif d’évaluer le devenir des grossesses et des enfants des femmes exposées aux thiopurines pendant leur grossesse. 215 grossesses chez 204 femmes (75,7% Crohn, 21,8% rectocolite hémorragique) ont été étudiées, conduisant à 138 accouchements (142 nouveaux nés). Les taux de naissances n’étaient pas différents chez les femmes traitées par thiopurines (n=86; 64%), celles recevant d’autres traitements (n=84 ; 66,6%) et les femmes non traitées (n=45; 60%). Les taux de prématurité n’étaient pas significativement différents (21,8%, 16% et 14,8%, respectivement), ni les taux d’enfants de poids <2500 g : 15,8%, 13,8% et 7,4%. Enfin, ni les taux d’anomalies congénitales (3,6%, 7,1% et 0%) ni ceux des complications ne différaient (5,4%, 8,9% et 11,1% des naissances vivantes). L’analyse des traitements dans les différents groupes ne montrait pas d’influence d’un traitement ou d’une association thérapeutique particuliers, notamment avec les anti-TNF alpha.

Commentaires
 

Les limites de cette étude, notamment l’absence d’information sur l’activité de la maladie lors de la conception et pendant la grossesse, et l’arrêt ou non des thiopurines pendant la grossesse, n’ont probablement pas influencé les résultats de cette large étude de cohorte. Elle confirme que l’utilisation des thiopurines est possible pendant la grossesse sans risque d’augmentation significative des avortements, complications et malformations. Elle confirme aussi que les MICI sont responsables d’un taux élevé de prématurité et d’enfants de petit poids, indépendamment des traitements. La précaution (dont l’utilité n’est pas démontrée) à prendre vis à vis de la prescription des thiopurines pendant la grossesse pourrait être de mesurer les taux de 6-TGN, car ils passent la barrière placentaire, de façon à réduire les doses si les taux dépassent 450.

Références
 
Titre :

Thiopurines pendant la grossesse : des données rassurantes de la cohorte CESAME

URL : Pregnancy outcome in patients with inflammatory bowel disease treated with thiopurines: cohort from the CESAME study
Auteurs :

Coelho J, Beaugerie L, Colombel J-F, et al

Source(s) :

Article

Revue :

Gut

Références biblio. :

Gut. 2011 Feb;60(2):198-203

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