Traitement de l’œsophagite à éosinophiles résistante aux IPP : budésonide en préparation visqueuse ou fluticasone ?
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Avancement
Validé

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Docteur Pauline JOUET

Enthousiasme

À la une 23/01/2020

Traitement de l’œsophagite à éosinophiles résistante aux IPP : budésonide en préparation visqueuse ou fluticasone ?

Chez les patients ayant une œsophagite à éosinophiles ne répondant pas au traitement par IPP, le traitement pharmacologique de première intention repose sur la prise de corticoïdes en inhalateur à ingérer (fluticasone ou budésonide) ou de budésonide sous forme visqueuse. Cette dernière forme nécessite une préparation magistrale et pourrait être plus efficace.

 

Cette étude monocentrique randomisée en double aveugle a porté sur 129 patients (16-80 ans) ayant une œsophagite à éosinophiles récemment diagnostiquée et restant symptomatique avec persistance d’un infiltrat œsophagien à éosinophiles après 8 semaines de traitement par IPP.  Les patients ingéraient soit une préparation de budésonide sous forme acqueuse (1mg/4ml + 10g de sucralose X 2/j) associée à un placebo en inhalateur (à ingérer), soit du fluticasone (4 bouffées de 220 ug chacune X 2/j) associé à un placebo sous forme visqueuse. A 8 semaines de traitement, l’infiltrat à éosinophiles diminuait significativement dans les deux groupes, avec une réponse histologique (<15 éosinophiles par champ) dans 71 % et 64 % des cas respectivement, sans différence d’effet entre les deux groupes. Les deux scores de dysphagie utilisés (Dysphagia Symptom Questionnaire  et Eosinophilic oesophagitis Symptom Activity Index) ainsi que le score endoscopique  d’œsophagite à éosinophiles diminuaient de façon similaire dans les deux groupes par rapport à la basale. Une candidose œsophagienne était constatée à la fibroscopie de contrôle effectuée à la fin du traitement de 8 semaines dans 12 % et 16 % des cas respectivement, asymptomatique dans tous les cas, et un muguet buccal dans 3 % et 2 % des cas.

 

Cette étude permet de conclure que les deux traitements ont une efficacité clinique, histologique, endoscopique et une tolérance similaires.

Commentaires
 

Cette étude compare pour la première fois l’effet de l’ingestion de fluticasone (inhalateur) à celle d’une préparation visqueuse de budésonide administrées pendant 8 semaines dans le traitement de l’œsophagite à éosinophiles résistante à un traitement par IPP.


Elle a utilisé dans chaque groupe un placebo (préparation visqueuse et inhalateur) afin de respecter le double aveugle.


Elle trouve une diminution similaire de l’infiltrat à éosinophiles, associée à une diminution de même ordre des symptômes évalués par deux scores différents et du score endoscopique d’œsophagite à éosinophiles. La tolérance était la même dans les 2 groupes, avec principalement un risque de candidose œsophagienne, asymptomatique dans tous les cas.


Les auteurs insistent sur l’importance des modalités de prise des deux traitements, avec la nécessité de ne rien ingérer dans les 30 minutes suivant leur prise. 


Il est donc possible de proposer l’un ou l’autre traitement à efficacité et tolérance équivalente dans le traitement de l’œsophagite à éosinophiles ne répondant pas à un traitement par IPP.

Références
 
Titre :

Traitement de l’œsophagite à éosinophiles résistante aux IPP : budésonide en préparation visqueuse ou fluticasone ?

Titre original :

Efficacy of Budesonide vs Fluticasone for Initial Treatment of Eosinophilic Esophagitis in a Randomized Controlled Trial

Source(s) :

Article

Revue :

Gastroenterology

Références biblio. :

Gastroenterology. 2019 Jul;157(1):65-73.e5. doi: 10.1053/j.gastro.2019.03.014. Epub 2019 Mar 11. PMID:30872104

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