Un nouveau test diagnostique pour les hépatites médicamenteuses : la détection du métabolite réactif toxique associé à une protéine dans le sang
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Diagnostic

Degré d'innovation
Important

Impact patient

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Immédiat

Rédacteur
Professeur Dominique LARREY

Enthousiasme

À la une 15/09/2011

Un nouveau test diagnostique pour les hépatites médicamenteuses : la détection du métabolite réactif toxique associé à une protéine dans le sang

Le diagnostic de l’hépatotoxicité des médicaments et encore plus des plantes médicinales, est difficile et repose essentiellement sur l’élimination d’autres causes. En effet, dans la plupart des cas, les atteintes hépatiques induites n’ont aucune spécificité, le diagnostic repose sur un interrogatoire minutieux et une évaluation sérologique éliminant des causes virales ou auto-immunitaires ainsi que sur l’analyse de la chronologie de l’exposition aux médicaments ou à la plante médicinale soupçonnée. Depuis très longtemps, les marqueurs diagnostiques directs équivalents aux sérologies virales sont recherchés, mais sans succès. Pour la première fois, une équipe chinoise a pu mettre un marqueur spécifique directement dans le sang, caractérisé par le couplage d’un métabolite toxique dérivé d’une plante avec une protéine [Lin et Coll. Hepatic sinusoïdal obstruction syndrome associated with consumption of Gynura segetum. J. Hepatol 2011 ; 54 : 666-673.]

Cet article repose sur une observation particulièrement intéressante. Elle constitue une véritable enquête policière. En effet, en médecine traditionnelle chinoise il est fréquent d’utiliser comme antalgique une préparation nommée Tusanqi, basée sur l’utilisation d’une plante Sedum aizoon qui a l’avantage d’être facilement disponible et très bon marché. L’automédication est donc très fréquente. Récemment, les équipes chinoises ont constaté un nombre élevé de cas d’atteintes vasculaires du foie, surtout sous forme de dilatation sinusoïdale ou de péliose, liées à une autre plante Gynura segetum. La confusion botanique est fréquente en matière de phytothérapie.

Les auteurs ont pu caractériser le métabolite réactif produit par Gynura segetum, reproduire la toxicité sinusoïdale chez le rat, et à partir de là, isoler le métabolite réactif et construire un adduit couplant ce métabolite réactif avec une protéine. Cela leur a permis donc de constituer un test diagnostique. Ils ont ensuite appliqué ce test diagnostique au sérum de la patiente atteinte et mis en évidence une positivité avec une très bonne spécificité. Cela les a conduits à faire une enquête botanique sur la prise des plantes médicinales chez cette patiente et ont découvert qu’elle s’était effectivement trompée dans son mode de préparation dans les plantes.
Commentaires
 

Bien qu’il s’agisse d’une observation isolée, celle-ci est exemplaire et ouvre la voie à une nouvelle étape diagnostique, la mise en évidence directe d’un métabolite toxique dans le sang de patients atteints d’hépatite. Ceci constitue donc une avancée importante qui devrait sans doute pouvoir s’appliquer à d’autres modèles de produits toxiques conduisant à la formation de métabolites réactifs.

Références
 
Titre :

Un nouveau test diagnostique pour les hépatites médicamenteuses : la détection du métabolite réactif toxique associé à une protéine dans le sang

URL : Hepatic sinusoidal obstruction syndrome associated with consumption of Gynura segetum
Auteurs :

Lin G, Wang J-Y, Li N, Li M, Gao H, et al

Source(s) :

Article

Revue :

Journal of Hepatology

Références biblio. :

J. Hepatol 2011 ; 54 : 666-673

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