Un nouveau traitement dans la maladie de Crohn !
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Avancement
Validé

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Docteur Anne BOZON

Enthousiasme

À la une 24/10/2022

Un nouveau traitement dans la maladie de Crohn !

Ces dernières années ont vu émerger de nouvelles cibles thérapeutiques dans le traitement de la maladie de Crohn, notamment les anti IL-23 qui ont montré des résultats très prometteurs dans les essais de phase 2, notamment chez les patients en échec de plusieurs biothérapies.


Les études de phase 3 ADVANCE et MOTIVATE ont montré l’efficacité du risankizumab, un anti IL-23 sélectif sur la sous unité p19 en intraveineux comme traitement d’induction dans la maladie de Crohn modérée à sévère.


L’étude FORTIFY, essai de phase 3 multicentrique international randomisé en double aveugle, a inclus les patients répondeurs au risankizumab en intraveineux à S12 des essais ADVANCE et MOTIVATE pour évaluer son efficacité en entretien par voie sous cutanée (SC).  Pour cela, l’essai comporte 3 bras, un bras risankizumab SC 360 mg toutes les 8 semaines, un bras SC 180 mg toutes les 8 semaines, et un bras placebo.


Le critère de jugement principal était un critère combiné associant la rémission clinique évaluée par le score CDAI, la fréquence des selles et douleurs abdominales, ainsi que la réponse endoscopique à la semaine 52 (diminution > 50 % du score SES-CD).

 

542 patients ont été inclus entre avril 2018 et avril 2020, 179 dans chaque groupe risankizumab 180mg et 360 mg, et 184 dans le groupe placebo. 73 % des patients inclus étaient en échec ou intolérants d’au moins une biothérapie, 40 % d’au moins deux biothérapies et 15 % de l’ustekinumab. A la semaine 52, on retrouvait un meilleur taux de rémission clinique (52 % vs 41 %, p=0,005) et de réponse endoscopique (48 % vs 22 %, p<0,001) dans le groupe risankizumab 360 mg versus placebo, avec une différence après ajustement de rémission clinique de 15 % et de réponse endoscopique de 28 %.  Les résultats étaient également significatifs avec le risankizumab 180 mg (différence de rémission clinique de 15 % et de réponse endoscopique de 26 %). Les résultats étaient meilleurs chez les patients bionaïfs par rapport aux patients déjà traités par biothérapie. Le risankizumab en entretien était bien toléré, les effets secondaires étaient similaires entre les 3 groupes.

 

En conclusion, le risankizumab confirme son efficacité en traitement d’entretien par voie SC chez les patients ayant répondu à la phase d’induction, sur la rémission clinique et la réponse endoscopique chez les patients atteints de maladie de Crohn modérée à sévère, notamment en échec de biothérapie.
 

Commentaires
 

Cet essai permet au risankizumab de confirmer son efficacité et sa bonne tolérance en SC en entretien chez les patients atteints de maladie de Crohn modérée à sévère après induction IV, notamment chez les patients en échec de plusieurs lignes thérapeutiques.


Il permet d’envisager pour nos patients une autre classe médicamenteuse, les anti IL-23, qui ont également montré leur efficacité dans le rhumatisme psoriasique, et dont les études dans la spondyloarthrite ankylosante sont en cours.


Il est actuellement disponible en France en ATU en cas d’échec aux différentes biothérapies disponibles, et nous attendons maintenant l’AMM après échec de biothérapies chez les patients atteints de maladie de Crohn modérée à sévère.


Il faudra cependant définir sa place par rapport à l’ustekinumab (anti IL-12 et IL-23, sous unité p40), et nous attendons les résultats du risankizumab dans les différents essais en induction et en maintenance chez les patients qui étaient en échec ou intolérants à l’ustekinumab.

 

Références
 
Titre :

Un nouveau traitement dans la maladie de Crohn !

Titre original :

Risankizumab as maintenance therapy for moderately to severely active Crohn’s disease: results from the multicentre, randomised, double-blind, placebo-controlled, withdrawal phase 3 FORTIFY maintenance trial

Auteurs :

Marc Ferrante, Remo Panaccione, Filip Baert, Peter Bossuyt, Jean-Frederic Colombel, Silvio Danese, Marla Dubinsky, Brian G Feagan, Tadakazu Hisamatsu, Allen Lim, James O Lindsay, Edward V Loftus Jr, Julián Panés, Laurent Peyrin-Biroulet, Zhihua Ran, David T Rubin, William J Sandborn, Stefan Schreiber, Ezequiel Neimark, Alexandra Song, Kristina Kligys, Yinuo Pang, Valerie Pivorunas, Sofie Berg, W Rachel Duan, Bidan Huang, Jasmina Kalabic, Xiaomei Liao, Anne Robinson, Kori Wallace, Geert D’Haens

Source(s) :

Article

Revue :

The Lancet

Références biblio. :

Lancet. 2022 May 28;399(10340):2031-2046. doi: 10.1016/S0140-6736(22)00466-4.

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