Expert / Relecteur
Pr C. Bureau / Pr J-M. Péron
Rédaction
H. Joubert
​Janvier 2019

L’hépatite A est une maladie infectieuse du foie due au virus de l’hépatite A (VHA). Si la grande majorité des patients guérit spontanément en quelques semaines, il est toujours utile de se faire vacciner lorsque l’on se rend dans un pays où les conditions sanitaires et d’hygiène sont insuffisantes.

Contenu de la page

L’infection par le virus de l’hépatite A (VHA) guérit sans traitement dans la plupart des cas. Réaction de défense, le système immunitaire fabrique alors des anticorps dirigés contre ce virus (anticorps IgM anti-VHA). L’individu est alors immunisé pour le reste de sa vie. C’est pourquoi une infection passée est souvent découverte fortuitement, des années après la guérison, au décours d’une prise de sang. Du fait de l’amélioration des conditions d’hygiène en France depuis 1950, le nombre de personnes ayant des anticorps anti-VHA est passé de 50 % à l’âge de 20 ans en 1970 à moins de 20 % aujourd’hui.

Les symptômes se manifestent une fois la période d’incubation de l’hépatite A terminée : le virus se multiplie dans les cellules du foie ou hépatocytes et les cellules de Kupffer, les macrophages du foie. Celle-ci dure généralement de 14 à 28 jours. Mais attention, la personne infectée est contaminante deux semaines avant l’apparition des symptômes et jusqu’à deux semaines après leur disparition.

Quels sont les modes de contamination/transmission ?

Aliments souillés et rapports sexuels

La contamination par le virus de l’hépatite A est principalement due à l’ingestion du virus à partir d’aliments (mollusques, crustacés crus, légumes, salades et fruits) ou d’eau souillés.

Mais le risque de contamination n’est pas uniquement oral mais aussi fécal en cas de cohabitation avec une personne infectée ; le virus se trouvant dans les selles. D’où le risque accru de contamination dans les régions du monde (pays émergents Afrique, Amérique latin, Asie du sud) où les conditions sanitaires et d’hygiène, l’accès à l’eau potable, l’assainissement sont très insuffisants. C’est pourquoi l’hépatite virale A sévit sporadiquement dans le monde sous la forme d’épidémies, souvent de façon cyclique.

Un autre mode de contamination plus rare mais réel est sexuel, à l’occasion de rapports anaux et oraux avec une personne souffrant d’hépatite A.

La transmission du virus de l’hépatite A par voie sanguine reste rarissime, par le biais de matériel souillé lors de l’injection de drogues.

Les examens

Un simple dosage sanguin

Une prise de sang à la recherche d’anticorps de type IgM (immunoglobuline M) dirigés spécifiquement contre le virus permet le diagnostic rapide et fiable d’une hépatite A. Ce type d’anticorps est le témoin d’un contact récent avec le virus.

Les traitements

La prévention passe par la vaccination

Faute de traitement spécifique, une personne contaminée par le virus de l’hépatite A doit protéger son foie en bannissant l’alcool et certains médicaments (paracétamol, antiémétiques) et remplacer les pertes liquidiennes dues aux vomissements et à la diarrhée. Elle doit aussi absolument veiller à éviter tout risque de contamination pour son entourage en appliquant des règles simples d’hygiène (lavage systématique et précautionneux des mains, désinfection des toilettes etc.). Le virus ne se propage pas à l’occasion des contacts ordinaires entre personnes si ces règles sont appliquées.

Pour prévenir l’infection, il existe des vaccins sûrs et efficaces contre l'hépatite A. Ils contiennent des virus de l'hépatite A inactivés et assurent une immunité active contre l'infection. En France, plusieurs vaccins contre l'hépatite A sont commercialisés, monovalents ou combinés (en association avec ceux contre les hépatites B ou la typhoïde).

Les anticorps protecteurs apparaissent dès la première injection chez 80 % des individus vaccinés après deux semaines et presque 100 % au bout de trois semaines. La persistance de ces anticorps est assurée par une injection de rappel réalisée six mois à un an plus tard (parfois bien plus longtemps, entre 36 mois à 5 ans selon la spécialité).

La protection conférée par le vaccin peut durer jusqu’à dix ans.

Même au dernier moment, il est conseillé de se faire vacciner avant d’entreprendre un voyage dans un pays d’endémie.

Le vaccin est également recommandé chez les patients ayant une hépatite B, une hépatite C ou une cirrhose, quelle qu’en soit la cause, ainsi que chez les personnes porteuses du VIH.

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Signes d'alarmes
Fatigue, jaunisse, diarrhées… au retour d’un pays à risque
Une fatigue, une perte d’appétit, une coloration jaune de la peau et des muqueuses, des urines foncées et des selles décolorées (un ictère (jaunisse) est présent dans 70 % des cas), de la diarrhée, des nausées, des vomissements, parfois des douleurs au niveau de la partie supérieure droite de l’abdomen font partie des symptômes habituellement rencontrés, à des degrés divers, chez une personne infectée par le virus de l’hépatite A.
Les symptômes sont plus fréquents chez les adultes que chez les enfants. Les moins de 6 ans ne présentent en général aucun symptôme visible et seuls 10 % d’entre eux développent un ictère (jaunisse).
Tous les symptômes régressent en moins d’un mois mais la convalescence est parfois longue (15 % des cas) car la fatigue peut persister pendant six mois. Parfois, les symptômes peuvent même réapparaître avec une moindre intensité alors qu’ils avaient régressés. Ces formes dites "biphasiques" représentent 2 % des cas.
Contrairement aux hépatites B et C, cette infection n’évolue pas vers une hépatite chronique. Cependant, il existe quelques formes sévères appelées « fulminantes » : une insuffisance hépatique aiguë se développe alors en quelques semaines, conduisant au décès en l’absence de transplantation hépatique.
La sévérité de la maladie augmente avec l’âge. Le taux de mortalité est inférieur à 0,5 % des personnes infectées mais peut atteindre 1,5 % chez les plus de 50 ans.
Chiffres
10 millions
100 %
Le vaccin contre l’hépatite A est efficace à presque 100 %, trois semaines après l’injection.
40 %
Environ 40 % des hépatites virales aiguës sont dues au virus de l’hépatite A.
Idées reçues
Se vacciner contre l’hépatite A est superflu
Faux
La majorité des hépatites A guérissent en quelques semaines. Néanmoins, le virus peut entraîner, dans de rares cas, une hépatite fulminante et conduire au décès. De plus, la fatigue importante induite par l’infection peut durer jusqu’à six mois.
Le paracétamol et les médicaments contre les vomissements sont proscrits en cas d’hépatite aiguë
Vrai
Pour soulager les symptômes d’une infection par le virus de l’hépatite A (fièvre, courbatures, douleurs articulaires), qui ressemble à un état grippal avant la jaunisse, il peut être tentant de prendre du paracétamol ou des antiémétiques (médicaments contre les vomissements). C’est pourtant fortement déconseillé en cas d’hépatite A, B, C, D ou E où la toxicité du paracétamol sur les cellules du foie est alors exacerbée.
Seuls les voyageurs dans des pays à risque doivent se faire vacciner
Faux
La vaccination contre l’hépatite A est recommandée par les autorités sanitaires françaises chez certaines populations : les personnels exposés professionnellement à un risque de contamination (s’occupant d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la propreté, travaillant dans des structures collectives d’accueil pour personnes handicapées, chargés du traitement des eaux usées et des égouts, professionnels impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective).
Sont également concernés les jeunes accueillis dans les établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées, les personnes atteintes de mucoviscidose et/ou de pathologie hépatobiliaire susceptible d’évoluer vers une hépatopathie chronique (notamment dues au virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou à une consommation excessive d’alcool), les enfants à partir de l’âge d’un an nés de familles dont au moins l’un des membres est originaire d’un pays de haute endémicité et qui sont susceptibles d’y séjourner et enfin les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.