Expert / Relecteur
Pr C. Bureau / Pr J-M. Péron
Rédaction
H. Joubert
​Janvier 2019

L’hépatite B est une maladie due à l’infection du foie par le virus de l’hépatite B (VHB). Chronique, elle peut évoluer vers une cirrhose, voire un cancer du foie. La vaccination préventive est obligatoire chez tous les nourrissons.

Contenu de la page

L’infection par le virus de l’hépatite B (VHB) provoque une inflammation du foie. Celle-ci peut être soit aiguë et disparaître sans traitement dans les six mois, soit se chroniciser, chez environ 5 % des personnes infectées à l’âge adulte. Dans ce dernier cas, les cellules du foie infectées (hépatocytes) sont détruites. Les zones cicatricielles du foie deviennent alors un terrain propice au développement éventuel d’une cirrhose ou d’un cancer du foie.

Dans de rares cas, l’infection aiguë peut être fulminante et conduire au décès en l’absence de transplantation hépatique.

Quels sont les modes de contamination/transmission ?

La transmission du virus de l’hépatite B requiert un contact, à travers la peau et/ou les muqueuses, avec du sang ou des fluides corporels d’une personne infectée.

Par le passé, en France notamment, la transfusion sanguine a provoqué de nombreuses contaminations. Ce risque est aujourd’hui écarté et les contaminations se font surtout à l’occasion de l’injection de drogues au moyen de seringues contaminées, de scarifications non hygiéniques (tatouage, piercing, rasage avec matériel contaminé) et de rapports sexuels non protégés.

La transmission de la mère à son enfant lors de l’accouchement ou dans les mois qui suivent la naissance est courante dans les régions où le virus est très présent (zones de forte endémicité).

Les examens

Une protéine virale repérée par une prise de sang

Les usagers de drogues injectables, les personnels de santé ou travaillant avec de jeunes enfants, les migrants et les personnes ayant vécu dans des régions à forte endémicité doivent se faire dépister. Une prise de sang permet de détecter une protéine du virus, l’antigène HBs (AgHBs).

Les traitements

On ne guérit jamais complètement d’une hépatite B chronique

On peut parler de guérison concernant l’hépatique B lorsque l’antigène HBs a disparu et l’anticorps anti-Hbs est apparu. Concernant les formes chroniques, leur progression peut néanmoins être fortement freinée et le risque de contamination nettement réduit.

Lorsque l’infection est sévère (foie endommagé et taux sanguins anormaux d’enzymes hépatiques), un traitement antiviral sur le long terme permet d’arrêter la réplication du virus sans nécessairement le faire disparaître. Ces analogues nucléos(t)idiques agissent en bloquant une enzyme, la polymérase, utilisée par le virus de l'hépatite B (VHB) pour sa réplication. Néanmoins, le virus peut se répliquer de nouveau et peut être détectable dans le sang.

L’interféron alpha - une protéine antivirale - est privilégié lorsque la personne est également infectée par le virus de l'hépatite Delta (VHD). Sa tolérance est cependant faible. Il n’élimine pas le le virus de l'hépatite B du sang mais induit un contrôle durable du virus par le propre système immunitaire du malade.

La maladie peut évoluer favorablement, situation caractérisée par une faible charge virale, un taux d’antigène HBs bas et un taux normal d’enzymes synthétisées par le foie. Mais ce contrôle de l’infection peut être mis en péril lorsque le système immunitaire de la personne est fragilisé. Cette immuno-déficience peut être induite par d’autres virus (VIH…) ou par des traitements médicamenteux immuno-suppresseurs. Pour cette raison, toute personne ayant une hépatite B chronique doit en faire part aux soignants lorsqu’on lui propose un traitement, par exemple contre le cancer.

Toute personnes ayant été infectée doit être surveillée à vie ou du moins jusqu’à la disparition du virus et l’apparition de l’anticorps dirigé contre l’antigène HBS (Ac anti-HBs).

Toutes les co-infections possibles, par le virus de l’hépatite D (Delta), celui de l’hépatite C ou de l’immuno-déficience humaine (VIH) sont des facteurs aggravants d’une éventuelle maladie hépatique.

La vaccination anti-VHB protège à 95 % de l’hépatite B. Elle est obligatoire depuis le 1er janvier 2018 pour tous les nourrissons. Les autorités sanitaires françaises recommandent également la vaccination de tous les adultes, a fortiori les personnels de santé ou ceux travaillant au contact des enfants, voire la rendent obligatoire dans certains cas particuliers (article L. 3111-4 du Code de la santé publique).

Liens utiles
Signes d'alarmes
Une maladie silencieuse
L’hépatite B, qu’elle soit aiguë ou chronique, est le plus souvent une maladie silencieuse, a-symptomatique. Certaines infections sont révélées par une jaunisse, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales et/ou une fatigue extrême.
Dans le cas extrêmement rare d’une infection dite "fulminante", le foie n’est plus en mesure de fonctionner normalement. L’unique solution est une transplantation hépatique en urgence.
A long terme, l’infection chronique par le virus de l'hépatite B (VHB) peut conduire à une cirrhose, qui elle aussi, peut évaluer longtemps sans symptôme.
Un cancer du foie peut également survenir, même en l’absence de cirrhose. C’est pourquoi certaines personnes doivent être surveillées chaque semestre par échographie.
Chiffres
1/4
Plus d’un quart de la population mondiale (2 milliards de personnes) a été en contact avec le virus de l’hépatite B.
240 millions
240 millions de personnes sont porteuses chroniques du virus de l’hépatite B dans le monde, contre 36 millions pour le virus du sida, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS).
300 000 personnes sont porteuses du VHB en France. 0,5% de la population française est infectée par le virus de l’hépatite B.
6 mois
La plupart des personnes infectées par ce virus l’éliminent dans les six mois.
700 000
700 000 personnes décèdent chaque année des suites d’une hépatite B, selon l’OMS.
En France, le nombre annuel de décès dus au VHB est de 2,5/100 000 habitants.
Idées reçues
Toute infection par le virus de l’hépatite B doit être traitée
Faux
Les personnes infectées par le virus de l’hépatite B ne reçoivent pas obligatoirement un traitement. Certaines d’entre elles, surtout celles contaminées dans l’enfance, ne développent pas d’inflammation du foie en dépit de la présence du virus et conservent un taux sanguin normal d’enzymes hépatiques. Une surveillance régulière suffit.