Expert / Relecteur
Pr C. Bureau / Pr J-M. Péron
Rédaction
H. Joubert
​Mai 2019

Il existe principalement trois sortes de tumeurs hépatiques bénignes : l’angiome hépatique, l’hyperplasie nodulaire focale et l’adénome hépatocellulaire. Elles surviennent en général sur un foie sain, sans aucune maladie hépatique chronique.

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L’angiome hépatique ou hémangiome affecte les vaisseaux sanguins hépatiques. C’est une sorte de malformation vasculaire, une petite masse composée de vaisseaux anormaux, située dans une région du foie. Sa taille est généralement stable et inférieure à quatre centimètres. Il ne dégénère jamais et se complique exceptionnellement. 
Autre tumeur hépatique considérée elle-aussi comme bénigne, l’hyperplasie nodulaire focale est un amas de cellules du foie (hépatocytes), organisées à l’intérieur de nodules fibreux, dont la taille varie entre 1 et 10 centimètres. Elle apparaît chez les femmes jeunes, ce qui est aussi la particularité de l’adénome hépatocellulaire. Cette tumeur ne se complique jamais.

Quelles sont les causes ?

De cause inconnue

L’angiome hépatique n’a pas de cause identifiée. Il est probablement d'origine congénitale.

Une hyperplasie nodulaire focale se forme le plus souvent en réaction à une malformation artérielle.

Dans la plupart des cas, les adénomes se développent pour des raisons inconnues dans un foie par ailleurs sain.

Quelques facteurs de prédisposition ont été identifiés comme l'utilisation prolongée de contraceptifs oraux chez la femme ou d’anabolisants chez l’homme, une maladie génétique du métabolisme des glucides aboutissant à une accumulation de glycogène dans le foie et les reins (glycogénose de type III et IV).

Qui présente un risque ?

Les femmes jeunes les plus touchées

L’hyperplasie nodulaire focale, comme l’adénome hépatocellulaire, se retrouve principalement chez les femmes jeunes. Les hémangiomes sont fréquents (2 à 5 % de la population) et prédominent chez la femme dans les deux tiers des cas.

La contraception orale n’a aucune influence sur la survenue des angiomes hépatiques ni sur l’hyperplasie nodulaire focale, laquelle n’est pas influencée par la grossesse non plus. Une grossesse n’est donc pas contre-indiquée.

La situation est différente en cas d’adénome hépatocellulaire où la prise d’une contraception contenant des œstrogènes favorise la survenue de ce type de tumeur. La contraception orale est donc contre-indiquée en cas d’adénome. La grossesse est permise mais nécessite une surveillance rapprochée.

Les examens

L’IRM, examen le plus sensible

Le bilan biologique hépatique est presque toujours normal.

Les examens radiologiques (échographie, Imagerie par Résonance Magnétique) suffisent au diagnostic des tumeurs hépatiques bénignes.

S’il existe un doute, une biopsie, c’est-à-dire la ponction d’un morceau du foie en introduisant une aiguille par voie transcutanée, peut être nécessaire.

Les traitements

Ni traitement ni surveillance dans la majorité des cas

Les angiomes et les hyperplasie nodulaires focales ne nécessitent ni surveillance ni traitement.

L’arrêt de la contraception contenant des œstrogènes est impératif chez les patientes avec un adénome. Les autres moyens de contraception peuvent être utilisés.

Lorsque la radiologie n’est pas en mesure de le caractériser, une biopsie est parfois nécessaire. La prise en charge est simple et dépend de la taille de la tumeur.

Chez la femme, la résection chirurgicale de la zone du foie où se situe l’adénome doit être envisagé si la tumeur dépasse 5 cm de diamètre. Dans le cas contraire, une surveillance est instaurée au moyen de l’imagerie (IRM hépatique annuelle, le plus souvent).

L’adénome est plus rare chez l’homme mais le risque de transformation maligne est majeur. La résection chirurgicale est indiquée quelle que soit la taille.

Signes d'alarmes
De rares douleurs
L’angiome hépatique n’entraîne généralement ni douleur, ni complications. Il est presque toujours a-symptomatique et découvert fortuitement, à l’occasion d'une échographie abdominale.
L’adénome hépatocellulaire peut par contre se compliquer. Il y a un risque de transformation maligne et d’hémorragie intra-hépatique ou intra-péritonéale. Ces complications peuvent engager le risque vital. On estime qu’elles touchent 30% des patients lorsque l’adénome mesure plus de 5 cm alors qu’elles sont inexistantes en dessous de cette taille. De plus, l’adénome hépatocellulaire peut occasionner des douleurs chronique au niveau du foie.
Chiffres
3 à 5 %
L’angiome hépatique est présent chez 3 à 5% de la population. Ils sont multiples chez une même personne dans la moitié des cas.
0,03 %
L’hyperplasie nodulaire focale touche 0,03 % de la population.
1 par million
L’adénome du foie est plus rare et touche 0,001-0,004 % de la population. L’incidence annuelle est estimée à un cas par million. L'âge moyen au diagnostic est 34 ans (15-64 ans).
x100
L’adénome du foie est favorisé par un traitement oestrogénique ou une contraception fortement dosée en œstrogènes (risque multiplié par 100).
Idées reçues
L’adénome hépatocellulaire chez une femme est une tumeur bénigne qui ne nécessite pas de surveillance
Faux
Le risque de complications graves est réel, une surveillance est systématiquement indiquée et la chirurgie proposée lorsque la tumeur dépasse 5 cm de diamètre.
L’adénome hépatocellulaire ne se voit que chez la femme
Faux
Elle est plus rare chez l’homme mais le risque de transformation maligne est majeur ce qui impose une chirurgie peu importe la taille de la tumeur.
Une tumeur du foie peut être bénigne et ne nécessiter aucun traitement
Vrai
Dans la majorité des cas, les tumeurs bénignes comme l’angiome hépatique, l’hyperplasie nodulaire focale ne nécessite pas de traitement et pas de surveillance.