Il n’existe pas de données dans la littérature permettant de recommander une surveillance optimale, notamment en ce qui concerne sa durée ; il est probable, mais pas démontré, que le risque de cancer soit plus élevé chez les patients ayant déjà eu un CHC que chez les patients « naïfs » de tumeur.
REFERENCE
Pas de référence.
OPTIONS (avis d’experts)
- L’IRM - non irradiant - est la modalité de choix pour la surveillance post-thérapeutique du foie. Lorsque l’IRM n’est pas disponible, un scanner hépatique injecté peut être réalisé. Il n’y a pas lieu de surveiller le poumon avec la radiographie pulmonaire : le scanner thoracique est la modalité de choix.
Les critères de jugement sont les critères RECIST modifiés c’est-à-dire appliqués à la partie de la tumeur prenant le contraste à la phase artérielle (considérée comme tumeur « viable ») :
- réponse complète, si disparition des lésions cibles ;
- réponse partielle, si diminution d’au moins 30 % de la somme des diamètres des tumeurs « viables » ;
- progression, si apparition d’une nouvelle lésion « viable » ou augmentation d’au moins 20 % de la somme des diamètres des tumeurs « viables », en prenant comme référence la plus petite somme de ces diamètres depuis le début du traitement ;
- stabilisation, dans tous les autres cas (Llovet, Di Bisceglie et al. 2008, Vilgrain 2010).
Lorsque la concentration sérique d’AFP était élevée avant traitement, sa normalisation après traitement curatif est un autre argument important pour évaluer l’efficacité thérapeutique. Dans ce cas, le dosage périodique de l’AFP est également recommandé pour dépister une récidive. En cas d’hépatopathie chronique « active », la concentration basale de l’AFP sérique (qui peut être modérément élevée) doit être prise en compte dans l’interprétation des résultats.
7.4.1. Après transplantation
Les modalités seront discutées avec le centre de transplantation.
- Il convient de surveiller les patients de manière étroite durant les 2 premières années durant lesquelles le taux de récidive est le plus élevé.
- Les sites extra-hépatiques (en particulier les poumons) sont les plus fréquemment atteints lors d’une récidive.
- Les modalités de surveillance pourront être adaptées selon le risque individuel de récidive (taille et nombre de tumeurs, envahissement vasculaire, degré de différenciation tumorale, AFP).
7.4.2. Après résection
Le taux élevé de récidive sous forme essentiellement hépatique uni- ou pauci-nodulaire justifie une surveillance étroite :
- Clinique + biologie (test hépatiques et AFP) tous les 3 mois la première année puis tous les 6 mois.
- Scanner thoracique tous les 6 mois pendant 2 ans.
- Imagerie hépatique : on distingue deux périodes successives :
- Surveillance post-thérapeutique : imagerie en coupe hépatique (IRM ou à défaut TDM) du foie par un opérateur entraîné en alternance tous les 3 mois pendant 2 (à 3) ans.
- Après cette surveillance : détection de nouveaux CHC : deux options possibles :
a/ IRM (ou à défaut TDM) hépatique tous les 6 mois à vie.
b/ Echographie hépatique tous les 6 mois à vie.
7.4.3. Après destruction per-cutanée
Le suivi doit se faire idéalement dans le centre ayant pratiqué le geste par IRM (ou TDM) et échographie en fonction des habitudes des centres selon un rythme trimestriel pendant 2 à 3 ans puis semestriel. En l’absence de consensus, et compte-tenu des contraintes d’accessibilité aux équipements de radiologie, il pourra être proposé au minimum le schéma de surveillance suivant :
- Clinique + biologie (test hépatiques et AFP) tous les 3 mois la première année puis tous les 6 mois.
- Scanner thoracique tous les 6 mois pendant 2 ans.
- Imagerie hépatique : on distingue deux périodes successives :
- Surveillance post-thérapeutique : IRM (ou à défaut TDM) hépatique à M1 puis IRM (ou à défaut TDM) hépatique et échographie du foie par un opérateur entraîné en alternance tous les 3 mois pendant 2 (à 3) ans.
- Après cette surveillance : détection de nouveaux CHC : deux options possibles :
a/ IRM (ou à défaut TDM) hépatique tous les 6 mois à vie.
b/ Echographie hépatique tous les 6 mois à vie.
7.4.4. Après radiothérapie stéréotaxique ou de conformation
Une IRM est souhaitable.
- Ne doit pas être programmée trop précocement (plutôt 3 mois après la fin de l'irradiation).
- La sémiologie radiologique doit être affinée car il est souvent difficile de différencier la persistance de tissu tumoral viable avec une réaction d'hépatite post-radique péri-lésionnelle.
- La poursuite de la surveillance n’est pas standardisée mais pourrait être identique à celle préconisée après destruction percutanée (avis d’experts).
7.4.5. Après chimioembolisation (avis d'experts)
- Contrôle 4 à 6 semaines après une séance.
- Evaluation clinique et biologique (tests hépatiques et aFP).
- IRM hépatique (+ scanner sans injection en cas de chimioembolisation lipiodolée) ou TDM triphasique à défaut.
- Étant donné l’hétérogénéité des pratiques, les modalités de surveillance seront adaptées au cas par cas et en fonction du rythme des sessions.
7.4.6. Après Radiothérapie Interne Sélective (avis d’experts)
Une IRM est souhaitable.
- Ne doit pas être programmée trop précocement (plutôt 3 mois après la fin de l'irradiation).
- La sémiologie radiologique doit être affinée car il est souvent difficile de différencier la persistance de tissu tumoral viable avec une réaction d'hépatite post-radique péri-lésionnelle.
- La poursuite de la surveillance n’est pas standardisée mais pourrait être identique à celle préconisée après destruction percutanée (avis d’experts).
7.4.7. En cas de traitement systémique (avis d’experts)
- Une surveillance clinique + biologie (test hépatiques et aFP) est recommandée tous les mois.
- Imagerie tous les 2 à 3 mois par TDM thoraco-abdomino-pelvienne triphasique ou association IRM hépatique avec injection de produit de contraste et scanner thoracique.
- En cas de progression sous immunothérapie, une imagerie en coupe à 1 mois est conseillée pour confirmer la progression.
7.4.8. Dépistage d’autres cancers (absence de consensus d’experts)
Liés à l’intoxication alcoolo-tabagique éventuelle.
